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dans lâunivers de la haute horlogerie
Les montres Marc Favre reprĂ©sentent depuis plus dâun siĂšcle lâexcellence suisse et lâinnovation en matiĂšre dâhorlogerie.
FidĂšle Ă sa tradition remontant Ă 1896, Marc Favre produit des garde-temps de haute qualitĂ©, basĂ©s exclusivement sur des mouvements mĂ©caniques helvĂ©tiques. Nos montres sont toutes conçues et assemblĂ©es en Suisse et bĂ©nĂ©ficient de la garantie « Swiss made », symbole dâun savoir-faire unique au monde.
Nous nous rĂ©jouissons de vous prĂ©senter lâhistoire de notre marque, nos valeurs et nos collections exclusives.Â
Quel est le point commun entre le calibre UG 138, l’Alpina 592 et l’Omega 500 ?
Ce sont tous des mouvements fabriqués par Marc Favre & Cie.
Tout comme le grand et puissant magicien d’Oz recommandait Ă Dorothy de « ne pas prĂȘter attention Ă l’homme derriĂšre le rideau », de nombreuses grandes marques horlogĂšres entourent leur histoire de mystĂšre pour tenter de projeter une aura de qualitĂ© et d’exclusivitĂ©. Alors qu’aujourd’hui, de plus en plus de marques prĂ©tendent utiliser des mouvements dits « maison », de nombreuses marques anciennes parmi les plus prestigieuses se procuraient rĂ©guliĂšrement des composants et des mouvements auprĂšs de producteurs externes – Audemars Piguet et Cartier n’en sont que deux exemples marquants. Certains seront peut-ĂȘtre surpris d’apprendre que d’autres grandes marques, dont Rolex, se procuraient des montres entiĂšrement assemblĂ©es auprĂšs de producteurs externes.
Marc Favre & Cie est l’un des producteurs de mouvements les plus importants, mais aussi l’un des moins connus aujourd’hui. Bien qu’elle se soit contentĂ©e de jouer les coulisses pendant la majeure partie de sa longue histoire, Marc Favre a jouĂ© un rĂŽle de premier plan dans l’Ă©tablissement et l’amĂ©lioration de la rĂ©putation de nombreuses marques de premier plan, allant de Bulova et Gruen Ă Alpina, Universal GenĂšve et Omega – sans parler des apparitions occasionnelles de joailliers de luxe estimĂ© tels que GĂŒbelin, TĂŒrler, et Mappin & Webb.
Années de fondation
La marque « Marc Favre » aurait Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e en 1896 par la sociĂ©tĂ© Favre FrĂšres Ă Cormoret, en Suisse (situĂ©e dans le Jura francophone du canton de Berne), propriĂ©tĂ© du pĂšre de Marc Favre, Alfred Constant Favre. Peu aprĂšs 1900, selon certains, en 1905, Marc Favre a quittĂ© l’entreprise pour crĂ©er Marc Favre et Cie dans le village de Madretsch, plus tard incorporĂ© Ă la ville de Bienne (Biel). Le nĆud ferroviaire voisin a contribuĂ© au dĂ©veloppement de Bienne en tant que centre horloger, et Marc Favre & Cie a rapidement acquis une solide rĂ©putation pour ses mouvements Ă Ă©chappement Ă levier de haute qualitĂ©, se spĂ©cialisant initialement dans les petits mouvements pour montres de dame, dont certains sont commercialisĂ©s sous la marque Siva de l’entreprise.
Alors que la plupart des fabricants de l’Ă©poque se concentraient sur les montres de poche, le dĂ©taillant londonien Hans Wilsdorf a Ă©tĂ© l’un des premiers Ă promouvoir les montres-bracelets pour hommes. Mais les montres-bracelets nĂ©cessitaient des mouvements beaucoup plus petits, plus difficiles Ă fabriquer. Wilsdorf a donc passĂ© un contrat avec un autre fabricant biennois spĂ©cialisĂ© dans les petits mouvements de montres pour dames, Jean Aegler, afin qu’il lui fournisse des montres-bracelets entiĂšrement emboĂźtĂ©es pour sa marque de montres-bracelets haut de gamme « Rolex », dĂ©posĂ©e en 1908.
Marc Favre & Cie fut un autre dĂ©fenseur prĂ©coce des montres-bracelets, comme l’illustre ce modĂšle de marque « Geneva » dans un boĂźtier de 25 mm sans couronne, utilisant un calibre Siva 256 aux finitions soignĂ©es. Selon un rapport, en 1913, Marc Favre proposait un mouvement Ă levier de 9 lignes et, en 1922, produisait des montres dotĂ©es d’un spiral Breguet avec de petits mouvements dans des tailles allant de 5 Ă 13 lignes, devançant ainsi de nombreux concurrents de l’Ă©poque, ainsi qu’Aegler, le voisin biennois de Marc Favre.
Mais Marc Favre & Cie a rapidement trouvĂ© sa vocation en fournissant des mouvements Ă d’autres marques Ă©tablies, en se spĂ©cialisant dans les mouvements de prĂ©cision de petite taille et les Ă©bauches (mouvements partiellement assemblĂ©s, gĂ©nĂ©ralement terminĂ©s par une usine d’assemblage de montres ou Ă©tablisseur) de haute qualitĂ©.
Les débuts de Bulova
FondĂ©e Ă New York par Joseph Bulova en 1875, Bulova a Ă©tĂ© l’un des premiers fabricants de montres amĂ©ricains Ă utiliser des mouvements suisses. Bulova aurait commencĂ© la production et l’assemblage de composants horlogers Ă Bienne, en Suisse, en 1912 – pendant les premiĂšres annĂ©es de la production de montres-bracelets. MalgrĂ© les affirmations ultĂ©rieures selon lesquelles Bulova produisait des mouvements suisses en interne dans son usine de Bienne, certains collectionneurs et historiens pensent que Marc Favre & Cie a Ă©tĂ© l’un des premiers fournisseurs d’Ă©bauches de Bulova – et peut-ĂȘtre mĂȘme de mouvements finis, comme le suggĂšre le mouvement Bulova-MF Ă double signature illustrĂ© ci-dessous.
DĂšs 1920, des mouvements Marc Favre & Cie ont Ă©tĂ© documentĂ©s dans des montres-bracelets pour dames de marque Bulova. Les exemples incluent les modĂšles Rubaiyat Ă 17 rubis et Precision Ă 15 rubis, dont les mouvements sont cosignĂ©s dans diverses combinaisons, notamment Bulova W.Co et Favre W.Co, Rubaiyat et Marc Favre, Bulova et Marc Favre W.Co, etc. Ainsi, que la relation se soit poursuivie ou non Ă long terme, il semble bien que Marc Favre ait contribuĂ© Ă la croissance et Ă la rĂ©putation de qualitĂ© de Bulova, au moins pendant ses premiĂšres annĂ©es d’existence.
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Affiliation Ă la guilde Gruen
Vers 1925, les fils de Marc Favre, Robert-Marc, Paul et Jean Favre, rejoignent l’entreprise familiale. En 1929, Paul Favre prend la direction de l’entreprise, Marc Favre dĂ©cĂšde en 1930. Ă cette Ă©poque, Marc Favre & Cie est devenue membre de la guilde Gruen – comme Bulova, Gruen a Ă©tĂ© l’un des premiers fabricants de montres amĂ©ricains Ă utiliser des mouvements suisses.
L’horloger allemand Dietrich Gruen a commencĂ© Ă assembler des montres Ă Columbus, dans l’Ohio, en 1874, en utilisant initialement des mouvements importĂ©s de Suisse et de GlashĂŒtte. Au dĂ©but des annĂ©es 1900, Gruen a Ă©tabli une filiale suisse Ă Bienne, faisant initialement Ă©quipe avec le cĂ©lĂšbre fournisseur de mouvements suisse Aegler (sous le nom de Manufacture des Montres Rolex & Gruen Guild A), Ă l’Ă©poque fournisseur exclusif de Rolex et de Gruen. Comme le lecteur l’aura peut-ĂȘtre devinĂ©, les collectionneurs ont Ă©galement Ă©tabli un lien prĂ©coce entre Marc Favre et Gruen, ce qui n’est peut-ĂȘtre pas surprenant compte tenu de leur implantation commune Ă Bienne.
Gruen Guild « M » (Marc Favre) calibre 153
Le mouvement Gruen calibre 840 « extra prĂ©cision » 5,5 x 10 lignes de 1926 est supposĂ© provenir de Marc Favre, par exemple, tout comme le calibre Gruen 153 reprĂ©sentĂ© par le mouvement n° 22 dans le diagramme MF illustrĂ© ci-dessus. Le 153 prĂ©sente des similitudes de conception avec le Gruen Cal 157, No 23 dans le mĂȘme diagramme MF. Bien que cela soit loin d’ĂȘtre systĂ©matique, certains mouvements Gruen Guild Ă©taient estampillĂ©s d’une lettre indiquant l’usine d’origine, par exemple « A » pour Aegler et « M » pour Marc Favre, comme illustrĂ© sur le spĂ©cimen du calibre 153 ci-dessus.
Gruen Guild M calibre 157, et Marc Favre 1925 Swiss patent diagram
Parmi d’autres, le regrettĂ© et trĂšs regrettĂ© Dr Roland Ranfft documente le calibre Gruen/Marc Favre 157 de 1925 comme Ă©quivalent au calibre Alpina 768. Le MF 157 est remarquable Ă plusieurs Ă©gards, notamment parce qu’il a Ă©tĂ© utilisĂ© Ă la fois par Gruen et Alpina, mais surtout en raison de sa conception innovante, peut-ĂȘtre analogue Ă certains Ă©gards au lĂ©gendaire calibre 135 de Zenith. LancĂ© en 1948, le calibre 135 de Zenith est rĂ©putĂ© pour ses nombreuses victoires dans les concours de chronomĂ©trie d’observatoire, en partie grĂące Ă sa conception innovante permettant d’accueillir un grand balancier. Moins connu est le fait que Marc Favre a dĂ©posĂ© des brevets suisses et amĂ©ricains en 1925 et 1929, respectivement, pour un petit mouvement de prĂ©cision Ă tonneau rectangulaire optimisĂ© pour accueillir un balancier et un barillet de ressort moteur de plus grande taille.
La qualitĂ© du Cal 157 de MF Ă©tait telle que, dans les annĂ©es 1930, il Ă©tait Ă©galement utilisĂ© dans des montres de luxe mĂ©ticuleusement finies et vendues par le bijoutier exclusif de Lucerne, GĂŒbelin. Comme d’autres grands joailliers tels que Cartier et TĂŒrler, GĂŒbelin s’approvisionnait en montres et en mouvements auprĂšs de nombreux fabricants de premier ordre tels qu’Audemars Piguet et Vacheron Constantin, parfois entiĂšrement assemblĂ©s et doublement signĂ©s. Cependant, GĂŒbelin Ă©tait Ă©galement un Ă©tablisseur, s’approvisionnant en Ă©bauches auprĂšs de producteurs de mouvements haut de gamme pour l’assemblage et la finition dans des boĂźtiers de luxe commercialisĂ©s exclusivement sous le nom de GĂŒbelin. En tĂ©moignage de sa qualitĂ©, GĂŒbelin a choisi le MF 157 pour Ă©quiper l’un de ses modĂšles de chars de luxe classiques Ca 1936, logĂ© dans un Ă©lĂ©gant boĂźtier en argent sterling poinçonnĂ© Fabrique Niel-Huguenin FrĂšres.
A cette Ă©poque, Marc Favre aurait dĂ©veloppĂ© des Ă©bauches en collaboration avec Universal GenĂšve. Par exemple, bien que ses origines soient entourĂ©es de mystĂšre, le Ca 1935 MF/Gruen 485 a Ă©galement Ă©quipĂ© des modĂšles de chars Universal (dĂ©signĂ©s UG 240). D’autres calibres Marc Favre partagĂ©s avec Universal comprennent, entre autres, les MF 555, 565, 585 et 595 (UG Cals 257, 258, 260 et 262/3).
Un grand nombre des mouvements les plus connus de Marc Favre Ă cette Ă©poque ont Ă©galement Ă©tĂ© fournis Ă Alpina. Le MF/Alpina 595, Ă©galement connu sous le nom d’Universal 262 (sub-seconds) et 263 (sweep seconds), par exemple, a Ă©tĂ© largement utilisĂ© dans les montres militaires, y compris celles distribuĂ©es Ă l’armĂ©e allemande pendant la Seconde Guerre mondiale par la filiale allemande d’AUHSA, Deutsche Uhrmacher Genossenschaft Alpina GmbH, communĂ©ment connue sous le nom de Dugena. Comme illustrĂ© ci-dessous, l’exĂ©cution UG utilisait une configuration de pont qui diffĂ©rait des exĂ©cutions MF/Alpina/Siegerin, mais qui prĂ©sente une similitude intĂ©ressante avec le mouvement de montre pendentif Marc Favre-Siva illustrĂ© ci-dessus.
De gauche Ă droite : Universal GenĂšve 262, Marc Favre 595, Siegerin 595
Les montres Alpina fournies Ă la Luftwaffe prĂ©sentaient des cadrans noirs avec des index au radium ; les boĂźtiers Ă©taient marquĂ©s d’un D devant le numĂ©ro de sĂ©rie ou, dans certains cas, d’un DH, bien que cette mention ait Ă©tĂ© plus couramment utilisĂ©e pour les montres fournies Ă la Wehrmacht.
Universal GenĂšve 262, Marc Favre 595, Siegerin 595
Les montres Alpina fournies Ă la Kriegsmarine Ă©taient d’un style similaire, avec des cadrans blancs et des chiffres remplis de radium. Ces modĂšles portaient gĂ©nĂ©ralement les initiales « KM » sur le cadran, avec parfois la signature Siegerin. L’exemplaire illustrĂ© ci-dessus est un rare modĂšle signĂ© Marc Favre avec un cadran similaire Ă la variante KM, probablement emboĂźtĂ© par Dugena Ă©tant donnĂ© la gravure du fond de boĂźtier « edelstahl boden ». Le modĂšle de style militaire Universal GenĂšve illustrĂ© ci-dessus, en revanche, prĂ©sente un cadran noir similaire au modĂšle Siegerin d’Alpina/Dugena, mais l’UG Ă©tait plus souvent utilisĂ© par les forces militaires alliĂ©es.
Ca 1940s vintage Mappin & Webb featuring Marc Favre calibre 595
Le MF 595 n’Ă©tait cependant pas rĂ©servĂ© Ă l’usage des montres-outils militaires. En effet, comme le prĂ©cĂ©dent calibre 157 de MF, le 595 a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© par un prestigieux joaillier de luxe, en l’occurrence Mappin & Webb de Londres, comme le prouve ce modĂšle Mappin des annĂ©es 1940 portant la double signature de Mappin.
Le calibre 138/9 bumper automatique dâUniversal GenĂšve reprĂ©sente un autre exemple intĂ©ressant de collaboration entre Universal et Marc Favre. LancĂ©e en 1948, la 138 Ă©tait la premiĂšre entrĂ©e d’UG dans le segment des montres automatiques. Ă lâĂ©poque, lâindustrie restait inhibĂ©e par le brevet de la masse oscillante de Rolex, câest pourquoi les montres automatiques Ă marteau ou de type marteau reprĂ©sentaient la solution de contournement la plus populaire. Bien qu’il ne soit pas tout Ă fait clair qui a rĂ©ellement produit le mouvement pour UG, il semble probable que Marc Favre ait fourni les mouvements directement Ă UG, que Martel les ait produits pour UG sous licence de MF, ou que Marc Favre ait produit les mouvements et que Martel les ait dĂ©corĂ©s/gravĂ©s. pour UG (les auteurs sont ouverts Ă toute information plus prĂ©cise).
Mouvement automatique universel GenĂšve (Marc Favre) calibre 138 bumper
Au moment de son lancement en 1948, cette technologie Ă©tait presque obsolĂšte, car Felsa avait dĂ©jĂ surpassĂ© le brevet Rolex en introduisant un remontoir automatique bidirectionnel « Bidynator » avec rotor entiĂšrement oscillant, et Eterna avait lancĂ© son rotor rĂ©volutionnaire Ă roulement Ă billes « EternaMatic ». En outre, en 1948, le brevet Rolex Ă©tait destinĂ© Ă expirer dans deux ans seulement. Heureusement pour UG, les pare-chocs Ă©taient toujours vendus dans les annĂ©es 1950, et le MF-UG 138/9 a tenu bon jusqu’Ă ce qu’Universal le remplace en 1955 par un micro-rotor ultra-moderne, le calibre UG 215.
En plus d’avoir Ă©tĂ© utilisĂ© par les premiers Polerouters Universal GenĂšve, le mouvement automatique Ă pare-chocs calibre 138/9 a Ă©tĂ© documentĂ© dans un boĂźtier de style Polerouter avec un cadran signĂ© « Marc Favre Bienne », confirmant apparemment la relation MF-UG et suggĂ©rant un rĂŽle de MF dans la fabrication du calibre ainsi que dans sa conception.
Alpina (Marc Favre) calibre 598
Un autre des calibres les plus emblĂ©matiques de Marc Favre Ă cette Ă©poque Ă©tait le calibre 592 Ă remontage manuel, et sa version Ă rattrapante Cal 598 reprĂ©sentĂ©e ci-dessus dans un modĂšle Alpina Ă boĂźtier FB Vacuum de Taubert-Borgel. De conception similaire au calibre 595, le 592/8 a Ă©tĂ© utilisĂ© dans divers modĂšles de montres sportives Alpina, notamment l’Alpina 70 (lancĂ©e en 1953), la Standard (1958) et la Tropicproof (1968). Largement considĂ©rĂ© comme l’un des mouvements les plus robustes et les plus prĂ©cis de l’Ă©poque, le MF-Alpina 592 a Ă©tĂ© choisi comme calibre d’instruction par l’Ă©cole cantonale polytechnique d’horlogerie de Bienne. La littĂ©rature historique d’Alpina suggĂšre que le calibre 592/8 a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par Straub (l’Ă©tablisseur fondateur de l’AUHSA), mais indique Ă©galement que le calibre a Ă©tĂ© produit par Marc Favre.
D’Alpina Ă Omega – Nous ne sommes plus Ă Bienne, Toto
FondĂ©e Ă La Chaux de Fonds en 1848, Omega s’est installĂ©e Ă Bienne en 1880. Cependant, pour mieux concurrencer d’autres associations horlogĂšres telles que la guilde Alpina, Omega et Tissot ont formĂ© en 1930 la SociĂ©tĂ© Suisse pour l’Industrie HorlogĂšre SA (SSIH), prĂ©curseur de l’actuel Swatch Group, Ă©tablissant le nouveau siĂšge social de l’entreprise Ă GenĂšve.
Dans les annĂ©es 1950, la SSIH s’approvisionne Ă©galement en mouvements auprĂšs de Marc Favre. Il n’est pas surprenant que Marc Favre se soit spĂ©cialisĂ© dans les mouvements fins pour les petites montres. Parmi ses premiĂšres contributions figurent les petits mouvements tonneau Cal 48X utilisĂ©s dans une ligne de montres Omega pour dames qui a connu un grand succĂšs. Marc Favre aurait Ă©galement fourni le Cal 410/420 Ă remontage manuel et le Cal 510/520 similaire (seconde secondaire et seconde de balayage, respectivement), largement utilisĂ©s dans les modĂšles Seamaster d’Omega.
Omega Seamaster avec le calibre 500 de Marc Favre
Mais la contribution la plus connue de MF est sans doute celle qu’il a apportĂ©e Ă la gamme de mouvements Ă remontage automatique Ă rotor complet d’Omega. Cherchant Ă remplacer ses mouvements automatiques Ă pare-chocs, Omega s’est tournĂ©e en 1954 vers le calibre 470/71 de Marc Favre, un mouvement automatique de 25 mm Ă 360 degrĂ©s, produit exclusivement pour Omega et qui a ensuite Ă©voluĂ© vers les cĂ©lĂšbres calibres des sĂ©ries 500 et 550 utilisĂ©s dans les lignes Seamaster et Constellation d’Omega.
Les calibres chronomĂštres du milieu de la sĂ©rie 500 (551, 561, 564 et 751), en particulier, sont considĂ©rĂ©s par certains comme reprĂ©sentant la meilleure famille de mouvements de production jamais produite. En effet, grĂące Ă son design Ă©lĂ©gant et Ă l’attention portĂ©e Ă chaque dĂ©tail de la production, cette famille de mouvements Omega a l’honneur d’avoir atteint l’une des rĂ©alisations les plus exaltantes de l’histoire des montres mĂ©caniques de production – le plus haut degrĂ© de certification chronomĂ©trique pour une sĂ©rie consĂ©cutive de 100’000 montres de production des calibres 551 et 561 soumises aux Bureaux Officiels de ContrĂŽle de la Marche des Montres (prĂ©dĂ©cesseur des laboratoires suisses contemporains COSC) sur une pĂ©riode de deux ans, de 1964 Ă 1966.
En 1955, Marc Favre & Cie SA devient membre Ă part entiĂšre de la SSIH. ReflĂ©tant l’estime que la SSIH porte aux mouvements de Marc Favre, Robert-Marc Favre devient par la suite dĂ©lĂ©guĂ© administratif d’Omega et directeur administratif de la SSIH, en plus de son rĂŽle de directeur administratif de la Manufacture horlogĂšre Marc Favre. Ainsi s’achĂšve l’Ăšre biennoise.
Tirer le rideau
D’un certain point de vue, on peut considĂ©rer qu’en 1955, les mouvements d’Omega provenant de Marc Favre Ă©taient lĂ©gitimement produits « à l’interne » – le calibre 610 d’Omega Ă©quipant la TƱrler Seamaster de 1961 Ă double signature illustrĂ©e ci-dessous en est un exemple Ă©lĂ©gant. Cela dit, d’un autre point de vue, il n’est pas certain que la dĂ©cision de Marc Favre de rejoindre la SSIH ait fait une rĂ©elle diffĂ©rence dans la qualitĂ© des montres Omega, Ă©tant donnĂ© qu’Omega aurait sans doute pu s’approvisionner en mouvements auprĂšs de MF en externe, comme l’a fait Rolex auprĂšs d’Aegler pendant de nombreuses dĂ©cennies.
TƱrler-Omega Seamaster avec le calibre 610
On peut Ă©galement se demander si l’ancienne appartenance de Marc Favre Ă l’AUHSA a permis Ă ses mouvements d’ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme « maison » lorsqu’ils ont Ă©tĂ© incorporĂ©s dans des montres-bracelets portant la marque Alpina ou Dugena. De plus, on peut se demander comment leur affiliation Ă l’AUHSA a pu avoir un impact sur le fait que les montres Universal GenĂšve employant ces mĂȘmes mouvements, ou Ă©bauches, puissent ĂȘtre considĂ©rĂ©es Ă juste titre comme ayant Ă©tĂ© fabriquĂ©es en interne, quelle que soit la valeur d’un tel nom.
Pour brouiller encore un peu plus les pistes, s’il est difficile de savoir dans quelle mesure Marc Favre a collaborĂ© avec Universal au dĂ©veloppement des mouvements fournis Ă la fois Ă UG et Ă l’AUHSA, la documentation historique d’Alpina suggĂšre que cette consultation incluait le membre fondateur et l’Ă©tablisseur captif de l’AUHSA, Straub & Cie. Mais on peut aussi se demander si cette distinction n’est pas un peu exagĂ©rĂ©e, Ă©tant donnĂ© que l’externalisation de divers composants et Ă©bauches Ă©tait historiquement, et dans une large mesure est toujours, une pratique courante dans l’industrie.
En effet, les relations de Marc Favre avec des entreprises telles qu’Alpina, Bulova, Gruen, GĂŒbelin, Mappin, Omega et Universal sont loin d’ĂȘtre uniques. Un exemple dĂ©jĂ Ă©voquĂ© est celui d’Aegler, fournisseur externe exclusif de mouvements Ă Rolex – et pendant un certain temps Ă Gruen, et donc Ă Alpina pendant la combinaison des guildes Alpina et Gruen (c’est-Ă -dire jusqu’Ă la fin des annĂ©es 1930) – avant d’ĂȘtre finalement rachetĂ© par Rolex en 2004.
Gruen Guild « A » (Aegler) calibre 835 (Rolex 200)
Le calibre Gruen Guild « A » 835 illustrĂ© ci-dessus, par exemple, est Ă©galement connu sous les noms d’Alpina 835 et de Rolex 200. Ă l’Ă©poque de sa production, il semble qu’Alpina, Gruen et Rolex aient tous bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’affiliation d’Aegler, tout comme leurs clients. Mais, comme dans le cas de l’intĂ©gration de MF dans la SSIH, Rolex a finalement bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’acquisition d’Aegler grĂące Ă sa capacitĂ© Ă commercialiser le prestige et le statut qui dĂ©coulent de l’exclusivitĂ© de la production interne. La question de savoir si le consommateur en a bĂ©nĂ©ficiĂ© de la mĂȘme maniĂšre peut faire l’objet d’un examen plus approfondi.
Un autre exemple analogue digne d’intĂ©rĂȘt est la relation entre Martel, Universal GenĂšve et Zenith. Ă l’instar des relations de Marc Favre avec Alpina, Universal et Omega, les collectionneurs s’accordent Ă dire que Martel a collaborĂ© avec Universal et Zenith au dĂ©veloppement de certains mouvements fournis aux deux marques. Le calibre Zenith 156D illustrĂ© ci-dessous, par exemple, a Ă©galement Ă©tĂ© utilisĂ© dans des chronographes Universal (c’est-Ă -dire en tant que calibre UG 285). En outre, Martel et Marc Favre ont toutes deux Ă©tĂ© rachetĂ©es par l’un de leurs clients producteurs – Zenith dans le cas de Martel, Omega dans le cas de Marc Favre.
Zenith calibre 156D (Martel/UG 285)
MalgrĂ© leur statut exaltĂ© au sein de la « sainte trinité » de l’horlogerie, Audemars Piguet, Patek Philippe et Vacheron Constantin sont Ă©galement connus pour avoir utilisĂ© des Ă©bauches produites par des sources externes de haute qualitĂ© telles que LeCoultre & Cie (plus tard Jaeger LeCoultre) et Venus, avant de passer Ă une fabrication interne au cours des derniĂšres annĂ©es. En ce qui concerne le sujet qui nous occupe, tel que dĂ©veloppĂ© dans notre article sur l’histoire d’Eterna, il convient Ă©galement de rappeler que Venus a elle-mĂȘme Ă©tĂ© acquise par Ebauches SA en 1928, rejoignant l’ASUAG en tant que membre fondateur en 1931, pour finalement ĂȘtre hĂ©bergĂ©e par l’ETA, elle-mĂȘme devenue partie intĂ©grante du Swatch Group suite Ă la fusion en 1983 de l’ASUAG et de la SSIH (cette derniĂšre hĂ©bergeant alors Marc Favre).
Zenith calibre 156D (Martel/UG 285)
Vacheron Constantin calibre 454 (base JLC 449)
Ce magnifique calibre 454 de Vacheron Constantin prĂ©sente une Ă©tude de cas intĂ©ressante. D’une part, le VC 454 est largement considĂ©rĂ© comme l’un des mouvements Ă remontage manuel les plus exquis de tous les temps de la vĂ©nĂ©rable maison Vacheron, et ce Ă juste titre. Ce mouvement renommĂ© Ă©tait toutefois basĂ© sur le calibre 449 de JLC, une variante du calibre 479 qui Ă©quipait les montres militaires UK MOD WWW – illustrant ainsi le fait que les consommateurs de montres de luxe et de montres-outils ont bĂ©nĂ©ficiĂ© mutuellement de la collaboration entre l’assembleur/finisseur et le fournisseur de composants.
Du point de vue du marketing et de la maximisation des profits, certaines marques semblent aujourd’hui vouloir dissimuler leur histoire et leurs techniques de production sous une aura d’exclusivitĂ©, en partie en vantant la production « maison ». Une autre perspective pourrait ĂȘtre qu’une structure de chaĂźne d’approvisionnement moins monopolistique pourrait permettre une plus grande innovation et une plus grande uniformitĂ© des composants dans l’ensemble de l’industrie et, par consĂ©quent, pourrait au moins offrir une plus grande valeur aux consommateurs et Ă l’industrie dans son ensemble, mĂȘme si le potentiel de maximisation du profit basĂ© sur la perception de l’exclusivitĂ© ou du statut est moins important.
Pour ce qu’il en vaut, c’Ă©tait un principe sous-jacent des associations telles que l’AUHSA et la SSIH, toutes deux fondĂ©es Ă l’origine dans le but d’accroĂźtre l’innovation, l’efficacitĂ©, la qualitĂ© et la normalisation des composants afin de contrer les pressions concurrentielles, ce qui profite mutuellement aux producteurs et aux consommateurs tout au long du cycle de vie du produit. Mais en fin de compte, il n’y a pas de « bonne » rĂ©ponse ; la production en interne n’est ni intrinsĂšquement supĂ©rieure ni intrinsĂšquement infĂ©rieure Ă une chaĂźne d’approvisionnement diversifiĂ©e en composants, les deux prĂ©sentant des avantages et des inconvĂ©nients.
Quel que soit le point de vue de chacun sur ce point, il convient de reconnaĂźtre que bon nombre des meilleurs producteurs de montres anciennes et contemporaines – qu’il s’agisse de montres-outils ou de montres de luxe – ont fait appel Ă des fournisseurs de composants et de mouvements de haute qualitĂ©, qu’il s’agisse d’Aegler, de Jaeger Le Coultre et de Martel ou de Venus, Valjoux et Lemania, pour ne citer que quelques exemples trĂšs respectĂ©s.
En levant le voile sur le rĂŽle de Marc Favre dans l’Ă©tablissement et le renforcement de la rĂ©putation de plusieurs des principaux producteurs de montres anciennes de l’industrie, les auteurs espĂšrent qu’il ne fait aucun doute que Marc Favre mĂ©rite d’ĂȘtre reconnu comme faisant partie de l’Ă©lite de ce groupe estimĂ©.
Texte reproduit avec lâaimable autorisation de MM. P. Scott Burton et Mitka Engebretsen 14/3/2024
Les auteurs souhaitent exprimer leur profonde gratitude Ă M. Alexandre Goy (@enversteel) pour sa prĂ©cieuse contribution Ă l’examen par les pairs, Ă la rĂ©daction et Ă l’Ă©laboration du texte. Toute erreur ou omission doit cependant ĂȘtre attribuĂ©e Ă juste titre Ă l’ensemble des auteurs.
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© 2024 P. Scott Burton & Mitka Engebretsen, tous droits réservés.
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Les modÚles de montre Marc Favre se déclinent en trois collections exclusives:
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La quintessence de notre savoir-faire: des montres mĂ©caniques sobres, Ă
lâĂ©lĂ©gance intemporelle. Aucune extravagance dans ce modĂšle, aucun
design tape-Ă -lâĆil, pas de gadget inutile. La Cormoret de Marc
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Notre Histoire
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Fils de Alfred Constant Favre et de Marie-Louise Quintal, Marc Favre naĂźt le 13 dĂ©cembre 1875. Lâhistoire de notre maison dĂ©bute le 23 juillet 1896, lorsque le jeune Marc Favre enregistre avec son frĂšre la marque « Marc Favre & Cie » et créé un petit atelier dâhorlogerie dans le village de Cormoret, situĂ© non loin de Saint-Imier, dans lâarc jurassien suisse.
Lâentreprise prospĂšre et peu de temps plus tard, lâatelier dĂ©mĂ©nage Ă la Rue de lâAllĂ©e 25 Ă Madretsch , alors que ce village rural et boisĂ© ne fait pas encore partie de la ville de Bienne (la fusion aura lieu en 1920). A cette Ă©poque, Marc Favre produit des montres sous la marque « Montres Siva et Cie ». En avance sur son temps, il dĂ©cide de concentrer sa production sur la montre-bracelet, rĂ©volutionnaire pour lâĂ©poque (souvenons-nous que lors de la PremiĂšre guerre mondiale, la plupart des soldats portaient encore une montre de poche).

Publicité de décembre 1930,
Source: Fédération HorlogÚre Suisse
FrappĂ© par la maladie, Marc Favre transmet la direction de lâentreprise Ă son fils Paul Favre en 1929: il dĂ©cĂšde le 29 dĂ©cembre 1930, Ă lâĂąge de 55 ans. Lâentreprise poursuit nĂ©anmoins son dĂ©veloppement et Marc Favre se taille une rĂ©putation parmi les meilleurs constructeurs de mouvements au monde. Câest lâĂ©poque de nos mythiques calibres No 161 (marque Gruen), 173, 445, 446, 447, 465, 485, 495, 565, 580, 585, 595 et 761, qui Ă©quipent en particulier des montres vendue sous la marque « Alpina ».
En 1938, lâentreprise devient une sociĂ©tĂ© anonyme sous le nom « Marc Favre & Co AG ». La prĂ©sidence du Conseil dâadministration est assumĂ©e par Robert-Marc Favre. Quatre ans plus tard, les locaux Ă©tant devenus trop exigus, lâentreprise sâagrandit en achetant les propriĂ©tĂ©s avoisinant son siĂšge de Madretsch, Rue des PrĂ©s 96.
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Publicité de juin 1922.
Source: Fédération HorlogÚre suisse
En 1953, Marc Favre est intĂ©grĂ©e Ă la « SociĂ©tĂ© Suisse pour lâIndustrie HorlogĂšre SA », qui deviendra plus tard le Swatch Group.
En 2018, la marque renaĂźt et propose une nouvelle collection dĂ©nommĂ©e Cormoret, la premiĂšre conçue sous la marque Marc Favre depuis 65 ans.Â
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Notre manufacture en 1930
Source: Piet Andriessen, watch-wiki.org
Nos valeurs
Depuis plus dâun siĂšcle, Marc Favre produit des gardes-temps suisses de haute qualitĂ©, dans le respect de la meilleure tradition horlogĂšre du pays. FidĂšles au respect dâun savoir-faire unique au monde, nous produisons exclusivement des montres mĂ©caniques Ă©quipĂ©es de mouvements suisses.
Nous crĂ©ons les montres que nous aimons porter, des piĂšces au design classique et sobre, symboles intemporels dâĂ©lĂ©gance et de savoir-vivre. Peu veut souvent dire mieux: Ă lâencontre de la plupart des horlogers qui multiplient les crĂ©ations sans toujours beaucoup de cohĂ©rence, les collections de Marc Favre sont resserrĂ©es autour de nos modĂšles emblĂ©matiques.
Chez Marc Favre, nous sommes convaincus que la sobriété est toujours gage de bon goût: les modes changent, les références restent.
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